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Mardi 29 Septembre 2009
Interview exclusive de jérémie Azou
Bonjour Jérémie, et félicitations pour ta performance aux championnats du monde à Poznan.
Peux-tu nous raconter comment s’est déroulée cette course incroyable ?
Il y avait pas mal de pression sur Frédéric et moi, car les championnats du monde se déroulent sur une semaine, ce qui fait une course tous les 2 jours. La pression est un petit peu différente de d’habitude, il faut donc arriver à la gérer. Les conditions météo étaient avec un gros vent favorable, c’était très difficile de ramer. Plus on avançait dans la course, plus les conditions devenaient exécrables. Nous avons donc adopté la tactique de course qui consistait à partir très fort, sachant qu’on a un excellent finish pour de suite se mettre à l’abri et conserver note avance sur nos premiers poursuivants. C’est dans cet état d’esprit que nous avons abordé cette course en sachant que physiquement ça tiendrait. On a laissé nos adversaires sur place et ensuite, seuls les Néo-Zélandais réussissent à nous doubler dans la deuxième moitié de parcours. Vu qu’on avait bien anticipé la chose, les résultats ont été figés à l’entrée des derniers 500m de course. Nous nous étions fait battre par le double italien en demie finale, donc c’est une grosse satisfaction pour Frédéric et moi de battre le bateau transalpin qui avait fait 4e l’an dernier aux Jeux Olympiques et qui cette saison avait dominé les compétitions internationales.
Tu enchaines les très bonnes performances depuis le début de l’année ; comment expliques tu cette saison formidable ? As-tu changé quelque chose à ta préparation ?
J’ai entamé ma saison comme un challenge, je venais d’être admis à l’école de Kiné de Lyon sans aménagements d’horaires pour les entrainements. Il fallait donc caser dans mes semaines surchargées mes entrainements d’aviron. J’ai été obligé de m’auto-discipliner sur chaque entrainement pour donner le meilleur de moi-même. Du coup, j’ai progressé plus, étant donné que j’étais investi à 200% sur chaque coup de pelle que je donnais.
Comment as-tu débuté l’aviron ? C’est un sport peu connu. Qu’est ce qui a fait que tu ais choisi ce sport ?
Avant de commencer l’aviron, je faisais beaucoup de natation, à raison de 4 entrainements par semaine, je flirtais avec le haut niveau. Puis, durant l’été entre ma cinquième et ma quatrième, je me suis fracturé la jambe. A la rentrée de septembre, je n’avais plus la même motivation, donc j’ai pensé à prendre une licence d’athlétisme ou de triathlon, et mon père m’a suggérer d’essayer l’aviron. C’était un sport qui était vraiment inconnu pour moi, et j’ai retrouvé plein de copains d’enfance, et c’est ce qui m’a fait rester plus que le sport en lui-même. Puis les bonnes performances sont arrivées et ça a été un cercle vicieux.
Ou un cercle vertueux plutôt ?
Oui c’est vrai, et d’ailleurs maintenant j’ai pour projet d’organiser une journée découverte pour mon école de kiné. C’est une manière pour moi de leur rendre la pareille puisqu’ils s’arrangent pour me faciliter la vie pour les études. Faire découvrir ce sport à des futurs diplômés de kiné me semble important, dans la mesure où l’aviron nécessite des mouvements très fins, qui permettent de renforcer tous les muscles du corps. C’est un très bon moyen de rééducation, notamment pour le dos.
En parallèle de ta carrière sportive, tu poursuis tes études de Kinésithérapie. Comment arrives-tu à concilier les deux ?
J’ai jamais eu de grosses difficultés dans ma scolarité ni de facilités, je suis une personne obligée de fournir beaucoup de travail personnel pour arriver à des résultats moyens. Ce qui est important pour moi, c’est mon entourage qui a formé un cocon imperméable. Ces personnes me soutiennent quand j’ai des coups de blues. C’est ce qui a fait que tant au niveau scolaire que sportif, cette année s’est vraiment bien passée pour moi.
Tu es le lauréat de la dernière édition des Etoiles du Sport ; Cette récompense t’as t’elle aidée dans ta carrière ?
Le fait d’être parrainer par des champions de la discipline à était très valorisant pour moi. Avoir été choisi par les rameurs médaillés de Bronze à Pékin (ndlr : Cédric Berrest, Jonathan Coeffic et Julien Bahain), en terme de reconnaissance, c’est énorme. Ca m’a apporté beaucoup de motivation dans l’investissement personnel. C’est aussi une expérience formidable au niveau des rencontres. Rencontrer tous ces champions qui sont revenus de Pékin avec une breloque a été un déclic, je n’avais jamais vécu un événement comme celui-là auparavant. Ca a été un vrai plus au niveau des relations humaines.
As-tu gardé contact avec d’autres sportifs que tu as rencontré aux Etoiles du Sport ?
Aux Etoiles du Sport, j’ai rencontré pas mal de gymnastes, notamment Thomas Bouhail et Benoît Caranobe que j’ai revu cet été aux Jeux Méditerranéens. J’avais également croisé Malia Metella et plein d’autres sportifs, le tout dans une ambiance conviviale et détendue.
Hormis les Jeux Olympiques tous les quatre ans, la délégation française est divisée en fédérations et on n’a pas le temps de se croiser entre athlètes de haut niveau et je trouve ça vraiment dommage. Les Etoiles du Sport regroupent cette grande famille et permettent de redécouvrir toutes les disciplines sportives et tous les athlètes.
En dehors de l’aviron, pratiques-tu d’autres sports ?
Non, depuis ou trois ans que je suis dans le haut niveau et que j’ai un challenge universitaire, ça devient vraiment compliqué de concilier une activité extrascolaire autre que l’aviron. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque. Mais le peu de temps qui me reste, je préfère le consacrer à la musique. J’ai suivi une formation de batterie depuis la sixième jusqu’à la terminale et je continue à en faire régulièrement. J’ai également commencé des cours de guitare. Faisant beaucoup de sport, je préfère privilégier une activité artistique.
Ton discours aux Etoiles du Sport se terminait par un rendez vous à Londres en 2012. J’imagine que c’est toujours d’actualité ?
C’est vrai qu’à mon discours lors de ma nomination comme lauréat aux Etoiles du Sport, je donnais rendez-vous à tout le monde à Londres en 2012, et j’espère que ça arrivera à tous les Espoirs qui étaient avec moi sur cette édition. Au niveau de l’aviron, chaque année nous devons reprouver nos valeurs individuelles pour prétendre à une sélection Olympique. Ma place de second aux Championnats du Monde ne m’assure pas une sélection pour les Jeux Olympiques en 2012. Il faudra une nouvelle fois prouver ma valeur pour prétendre monter dans un double. Tout me pousse à continuer et normalement ça devrait bien se passer.
C’est une grosse source de motivation pour moi car en aviron, le titre Olympique est la plus belle des récompenses. En plus, en 2011-2012, ce sera l’année d’obtention de mon diplôme de Kiné, si tout va bien. Londres est le temple de l’aviron ; en Grande Bretagne l’aviron est un sport très populaire, avec des équipages comme Oxford ou Cambridge. Ce sera une très belle compétition.
Merci d’avoir répondu à ces questions et bonne chance pour la suite de ta carrière.
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